Olorun, le contribuable appelé à combler le passif

Conseil municipal du 10 octobre 2006

En mai dernier, nous approuvions le versement d'une subvention de 50 000 euros à l'association Olorun pour l'opération Africalyon.
Vous nous demandez aujourd'hui de remettre au pot 50 000 euros, soit près de 330 000 francs.

J'ai bien entendu les explications du directeur des Relations Internationales de la ville lors de la commission économie-international au cours de laquelle nous avons étudié ce dossier. En l'absence, désormais régulière, de Jean-Michel Daclin, il nous a informé que vous aviez prévu, depuis le début de l'opération, de donner 100 000 euros à Olorun. Mais que dans un souci de bonne gestion, vous aviez choisi de scinder la somme en deux versements… Première nouvelle ! Je vous sais trop fin politique, Monsieur le Maire, pour oublier de claironner ce type d'information à la presse et au conseil. Surtout lorsqu'elle se pare des vertus de la bonne gestion…
Or j'ai relu avec attention vos diverses interventions à ce sujet. Pas un mot au conseil, pas une ligne dans les rapports… Pas même dans la convention entre la ville et Olorun. Pour le moins étrange…
En revanche, en guise d'explication budgétaire, nous avons appris en commission que l'association avait très bien géré l'opération, économisant près de 6 000 euros par rapport au budget prévisionnel.

On est dès lors en droit de se demander à quoi vont servir ces 50 000 euros complémentaires. A financer des frais vraisemblablement imprévus comme des opérations de communication ou la formation des guides de l'Office du Tourisme. Voyons, Monsieur Daclin, comment un homme de communication comme vous a-t-il pu mésestimer à ce point de telles dépenses dans le compte d'exploitation prévisionnel. Surtout que, pour le seul poste communication, il y en a pour 42 000 euros ! Pourtant, la convention était claire : "l'Association s'engage à utiliser les logos de la ville de Lyon sur tous ses supports de communication (plaquettes, affiches, invitations…)". Pourquoi vouloir aujourd'hui nous réaffecter 42 000 euros, dont 13 000 d'honoraires d'agence de publicité pour la conception des supports, alors que la réalisation de ces diverses documentations était prévue de longue date ?
Quoi d'autre… Ah oui, des frais de protection des oeuvres alors que ces dépenses sont censées, à la lecture de la convention, être prises en charge par l'association. Je cite "L'association s'engage, en tant qu'organisateur de cette opération, à prendre en charge tous les aspects liés à sa concrétisation et à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à sa bonne réalisation."

Autres dépenses annoncées, et je lis le rapport : "La qualité des oeuvres proposées a conduit l'association à concevoir une exposition plus ambitieuse en présentant des pièces plus nombreuses…"
Or la convention spécifiait le nombre de 50 lions. Et le nombre de lions exposé était de 50.
50 lions dont seulement 30 ont été vendus, entraînant, je suppose, une perte de recettes. Mais l'association a, d'ores et déjà, provisionné une recette à venir sur la vente de ces 20 lions pour un montant de 33 000 euros. L'argument du rapport laissant entendre que ce "résultat des ventes n'a pas été à la hauteur des espérances de l'association Olorun" ne tient donc plus.

Alors que reste-t-il de ce rapport… Une hausse des dépenses de transport, pour 9 000 euros. Dont acte. Quoi d'autre ? 5 382 euros de frais d'avocat. Pourquoi un avocat ? Tout simplement parce qu'Olorun été attaquée en justice par le propriétaire de la marque "AfricaLyon". La encore, Monsieur le Maire, ce n'est pas à la collectivité de prendre en charge les honoraires des conseils d'Olorun. D'autant qu'il était facile, pour n'importe quel élu de votre exécutif, à fortiori patron d'une agence de pub, de valider avec les services juridiques de la ville les droits attachés à la marque AfricaLyon.

Justement, en parlant des services juridiques de la ville. Ils ont, nous l'avons appris en commission par la bouche d'une fonctionnaire de haut rang, donné un avis défavorables au dossier. Rejoints par le service des Finances.

Vous comprendrez donc, Monsieur le Maire, que nous ne pourrons voter pour ce rapport…

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