Le contribuable paiera !

Conseil du 10 octobre 2006

L'association Palenque a été créée en 2002 avec un objet social fort louable : l'accueil à Lyon de personnes originaires de pays de l'Amérique du Sud, et plus particulièrement de Colombie.

Près de 200 familles sont aujourd'hui en contact régulier avec l'association qui a établi son siège social dans le 6ème arrondissement.

Changeons d'arrondissement, et passons dans le 7ème. Il y a quelques mois, l'association Comptoir des Amériques, qui faisait office d'épicerie solidaire, ferme ses portes. La Banque Alimentaire venait de lui retirer son agrément pour cause, je cite l'une des responsables de cet organisme humanitaire, "de trafic et de revente de nourriture".

Revenons dans le 6ème… Palenque décide, il y a quelques mois, d'ouvrir une épicerie solidaire. Elle contacte la Banque Alimentaire qui, après étude du dossier, refuse de lui accorder son agrément. Quelques semaines plus tard, sur pression de Madame Ahmine, l'une de vos adjointe Monsieur le Maire, la Banque Alimentaire donne son feu vert au projet. Elle fait part, néanmoins, à Madame Ahmine de sa forte réticence sur ce dossier. Quelle n'est d'ailleurs pas leur surprise lorsqu'ils s'aperçoivent, au bout de quelques semaines, que certains animateurs de Palenque venaient de Comptoir des Amériques…

Palenque vient, aujourd'hui, demander à notre conseil une subvention de
2 000 euros, soit 31% du budget de cette épicerie solidaire.
Penchons nous sur le fonctionnement de celle-ci. Palenque achète à la Banque Alimentaire des produits frais et secs contre un paiement de 0,05 centime le kilo. Elle distribue chaque semaine des colis à 25 familles, contre un paiement de 5 euros le colis de 5 kilo.

Le loyer de Palenque, hébergée dans un immeuble de l'OPAC du Grand Lyon, est de 390 euros par mois. Pour une recette estimée à 475 euros. J'ai bien dit estimée car, malgré nos demandes tant auprès de Madame Gouzou-Testud qu'auprès de l'association, nous attendons encore que l'on nous communique les comptes. Une rétention d'information qui semble devenir une habitude tant elle se répète conseil après conseil, Monsieur le Maire.
Néanmoins, pas la peine d'être expert-comptable pour déduire que l'association est sur le fil du déficit. Information confirmée par ses dirigeants qui disent, au bout de quelques mois d'activité, ne plus pouvoir faire face. Alors que faire ? Vous décidez de payer sans vous préoccuper du lendemain.
Nous préférons, sur nos bancs, la méthode de la responsabilisation. J'ai donc demandé aux dirigeants de Palenque de me faire parvenir, ainsi qu'à la ville, un plan de recettes complémentaires leur permettant, sur 2006, de ne plus être dépendant des finances publiques, donc du bon vouloir des politiques, et de pouvoir poursuivre leur activité. 15 jours après, j'attends encore ce plan, décisif pour l'avenir même de l'association et pour les 25 familles qui bénéficient de cette aide alimentaire.

Jeudi dernier, la Banque Alimentaire a audité le fonctionnement de Palenque. Elle a ainsi pu noter que la majeure partie des allocataires étaient d'origine sud-américaine alors que l'association s'était engagée, en échange de l'agrément, à ce que son public cible soit majoritairement issu de l'arrondissement, via notamment les assistantes sociales. En effet, pour la Banque Alimentaire, "la distribution de colis ne doit pas profiter majoritairement à une communauté car on entrerait alors dans une logique ségrégationiste."

Vous comprendrez donc, Monsieur le Maire, que nous ne puissions voter cette subvention à une association :
    – qui compte sur la collectivité pour apurer ses déficits sans engagement en contrepartie, et notamment de poursuite de l'aide aux plus démunis
    – et qui, in fine, contrevient aux engagements pris avec la Banque Alimentaire.

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