La gauche et le centre ont-ils des choses à se dire ?

Voilà une question à la con… On a toujours quelque chose à se dire. Même si certains préfèrent faire attendre leur interlocuteur au pied de l’interphone. Tiens, il débat aujourd’hui avec François Hollande. Qui il ? François Bayrou !

Tiens, je pose une autre question : La droite et le centre ont-ils encore quelque chose à se dire ? Oui encore. Mais ont-ils envie de se parler ? Et qui représente le centre ? En tant qu’ancien UDF, je m’interroge.

Marrant cette propension de Libération de multiplier les tables rondes sur l’avenir de la gauche, du socialisme, des alliances… en oubliant que le monde n’est pas hémiplégique. Certes, Libération revendique un positionnement clair, mais quand même.

Bayrou et Hollande arrivent. Tous deux sont happés par le radical de gauche Thierry Braillard qui arrive à placer quelques mots. Thomas Rudigoz marque à la culotte Bayrou depuis l’aéroport. Applaudissements pour Bayrou. La claque est en place. Il paraît qu’Azouz est à la manœuvre. Jofrin estime off, mais micros branchés, que « ça s’est bien passé », même s’il regrette « la défection de Martine (Aubry) ». On apprend même qu’elle n’a même pas daigné téléphoner !

« Ce qui est agréable avec François Hollande et François Bayrou, c’est que quand on les invite ils viennent ! » Bon tacle de Joffrin qui met les déçus de son côté.

« Est ce qui vous unit est plus fort que ce qui vous divise ? Et si ce qui vous unit est plus fort, comment organiser ce rassemblement que beaucoup attendent ? » questionne Laurent Joffrin, quasi militant dans sa formulation.

François Bayrou a sur cette question « des idées très simples. Il y a une grande question qui domine cette réflexion : Est-ce que l’on appartient au groupe de ceux qui sont content ou qui s’accommodent à l’idée que le régime qui s’est installé en France dure 10 ans ? Ou bien, est-ce que l’on appartient au groupe de ceux qui pensent qu’il faut choisir un autre chemin ? Ces deux choix mériteraient que les Français aient une opinion libre entre les deux. Or d’un côté, tout est verrouillé, ficelé. Et de l’autre côté, on n’entend que divisions, querelles d’appareil, excommunication… il y a donc un déséquilibre dommageable pour l’esprit public en France. »

Pour lui, la France se désespère et nous avons le devoir « de discuter ensemble (…) et publiquement. » Il propose de choisir un lieu, beau de préférence, où chacun vient avec ses proches, on fait un calendrier des sujets sans exclure les plus difficiles, comme la fiscalité, les responsabilités publiques en termes d’éducation, sans exclure les thématiques d’égalité des chances. « Ces sujets là, les plus difficile, on les aborde. Et on verra se dégager des position en commun, partagées, et des positions sur lesquelles nous sommes en désaccord. Les positions sur lesquelles nous sommes d’accord formeront le socle de l’alternance. Les autres seront tranchées par les électeurs. »

On n’est pas loin d’un livre que j’ai dans ma bibliothèque que s’intitule « La paix civile ». De belles paroles. Et que ne l’a-t-il pas fait avant dans sa vie politique ?

Face à ces paroles de premier opposant, François Hollande prend le micro. « Socialistes et centristes vivent séparés depuis 35 ans. 35 ans après, est-ce que le mur est tombé ? Je ne sais pas, mais un autre mur est apparu, celui d’une droite qui s’est organisée comme jamais elle ne l’avait fait sous la Vè république. (…) La droite, et c’est bien sa légitimité et sa force, se conjugue au singulier et l’opposition est dispersée et ne fait pas entendre sa voie. Elle est dispersée entre quatre familles, la famille socialiste, la gauche de la gauche, les écologistes et les verts et les centristes, car aujourd’hui le centre est dans l’opposition. Ces familles s’excluent mutuellement… »

Pour lui, le pouvoir est minoritaire. Ce qui reste à démontrer… « Est-on capable, si l’on n’a pas créé une union large, de convaincre ? Le dialogue est nécessaire, mais il ne suffit pas… Les accords électoraux aussi. Il faut ouvrir un débat d’une autre nature, d’une autre ampleur. Il faut qu’il soit avec tous ceux qui le veulent. Il faut qu’il soit ouvert et transparent, au grand jour. Il faut que nous soyons sur le cœur du clivage entre le centre et la gauche : quelle politique économique ? quelle politique de redistribution ? quel partage des richesses ?… On a bien vu que dans la campagne de 2007 nous n’avions pas les mêmes positions sur ce sujet. Mais nous avons tous le droit au changement sur nos propres positions. Tout cela doit être regardé à l’aune des convergences et des divergences.

« Mais ne laissons pas croire que nous n’aurons qu’un seul candidat à l’élection présidentielle… » poursuit François Hollande.

François Bayrou note la nouveauté du propos du côté des socialistes. Il souhaite « combattre les préjugés » des uns sur les autres. On voit que, ce soir, l’opposition semble prendre le chemin au moins du dialogue, même si le débat tourne au monologue ! De l’intention naîtra-t-il l’action ? « Bayrou ne voit pas quel autre chemin est possible. » Oui, mais sont-ils réellement prêt ? Et qu’en pense la grande absente, Martine Aubry. Et Jean-Luc Mélenchon, grognon dès qu’il croise un centriste ? C’est pas gagné, mais intéressant à suivre. Une opportunité aussi pour l’UMP s’évoluer, car sans opposition forte, on en vient à croire que l’on est fort, alors que ce n’est que de la faiblesse face à plus faible.

« Tout tourne autour de l’élection présidentielle en France, poursuit Hollande. Si nous étions dans une démocratie parlementaire, nous aurions sans doute déjà formé une coalition. A droite, nous n’aurons qu’un candidat. Et à gauche… » Il se moque du nombre de candidats aux primaire au PS. « La stratégie de Sarkozy est une stratégie de premier tour, creuser l’écart puis faire confiance à la dynamique de second tour. Si par notre désorganisation, notre dispersion, nous n’arrivons pas à créer une dynamique, ce sera plus difficile au second tour. Il faut donc qu’il y ait un accord de l’opposition pour dire, très en amont, que l’on soutiendra celui arrivé en tête au premier tour. » La compétition est donc lancée, ce qui nuira bien entendu au dialogue, jeu de rôle entre acteurs qui veulent le même poste !

Les Commentaires ( 14 )

  1. de Jérôme Manin
    posté le 18 sept 2009

    Il sont décidés à dialoguer mais sans se parler…

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  2. de Henr de Montherlant
    posté le 18 sept 2009

    « Se faire des Amis est une nécessité de commerçant. Se faire des ennemis une occupation d’aristocrate… »

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  3. posté le 18 sept 2009

    Mort de rire, Rudigoz et Vesco marquant à la culotte Bayrou… en lui susurrant des mamours. Il ne faudra pas s’étonner que le leader du Modem perde de vue toute réalité… d’autant que pour eux l »objectif est simple, il s’agit de sauver tête et emploi.

    Je tiens ces propos sur ce blog qui ne pratique pas (encore) la censure contrairement à celui du schtroumph servile (mais sympa;-).

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  4. de Trublyonne enfin connectée
    posté le 18 sept 2009

    Viens commenter chez moi Battling, je tape sur Bayrou et je ne censure personne :-)

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  5. de jerome manin
    posté le 18 sept 2009

    Tout se mélange, Battling critique directement parfois la clique sans passer de manière détournée par la droite et Trublyonne ne censure pas !
    La gauche n’est plus ce qu’elle était, elle va peut-être si elle se modernise séduire le centre ?

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  6. posté le 18 sept 2009

    @ Trub : toi non, mais tu es la shtroumphette grincheuse et pas le shtroumph servil … Jm où est ton bon esprit critique et caustique ?

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  7. de Jérôme Manin
    posté le 18 sept 2009

    Golum dans le seigneur des anneaux, Doby dans Harry Potter et Shtoumpf servile à la grande parade de la pensée unique.

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  8. de Jérôme Manin
    posté le 18 sept 2009

    @Erick

    Pourra-t-on écrire que le Président de la Maison de la Francophonie à délaissé les journées du Patrimoine pour le salon du prêt-à-penser ?

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  9. de Erna
    posté le 18 sept 2009

    Je suis à Lyon pour ce moment annoncé de la genèse avec Bayrou et Hollande coachés par Libé et sponsorisés les contribuables lyonnais.

    Le lieu ? Consternant, une tente place des Terreaux, à faire fuir un réfugié afghan. Et dire que demain démarrent les journées du patrimoine !

    Salle pleine mais pas comble, ambiance étouffante à te faire attraper la chikoungounia

    Le public ? Jeune, très jeune, genre lycéen dont le prof a demandé de s’intéresser à l’actualité en vue de l’interrogation de la semaine prochaine.

    Quelques édiles socialistes dispersés, intraçables sauf à camper sa vie durant en presqu’île.

    Tout ce que le Modem local compte d’opportunistes et de minorités sonores siège au 1er rang.

    Entrée de Hollande, pas vu…

    Entrée de Bayrou, des supplétifs faisant décor, petit mouvement de foule.

    Début des interventions, limite sopo, Bayrou parle de son fils vétérinaire qui a fait un stage en Angleterre…

    Collomb arrive solitaire dans un grand silence alors que les interventions ont déjà commencé… Il rate la standing ovation !

    Je pique un roupillon.

    Suis réveillée par mon voisin, journaliste je crois, qui fond sur Collomb lequel précipite son départ, il est très occupé vous savez…

    Donc François und François sont d’accord pour dialoguer, en public et surtout sur les points qui fâchent… oui oui oui, je répète « en public et surtout sur les points qui fâchent », je l’ai même noté sur mon carton d’invitation… D’ailleurs François tutoie François.

    Roupillon again…

    Questions du public, les lycéens d’abord, très frais, genre Monsieur Bayrou vous avez été ministre de droite … ou l’anti sarkozysme n’est pas un programme… Réponses ? Haussements des épaules de François und François… natürlich !

    Une secrétaire de section PS intervient, style prof (des lycéens, of course). Propos noyés, re re roupillon, d’ailleurs on étouffe et les gens partent.

    Sortie rapide, applaudissements écourtés, Hollande est accompagné d’une très jolie brune, âge mur, frêle mais qui porte un lourd bagage. Un détail qui tue.
    Mouvement de sortie pour Bayrou… modeste, enfin c’est pas Mylène Farmer.

    Cocktail pour les abonnés de Libé parqués par une chaîne genre velours rouge musée… sont tellement peu nombreux, les abonnés, que finalement tout le monde se retrouve champagnisé… sympa.

    Rencontre avec Lionel, beau mec, grand baraqué, noir… le garde du corps de Bayrou ! Le béarnais est toujours dans les lieux… pas vu ressortir la jolie brune avec son sac et compagnon de voyage non plus.

    Premier étage, barrage, une blonde platine…. trois quatre patibulaires… sourires futiles, je sais c’est moche… bref ça passe.

    Antichambre… champagne,… je reste étourdie, tant d’opportunistes dans un si petit lieu, derrière la porte, François and François welcomés par Gégé… le fameux dialogue je suppose, en public… négatif…
    Et toujours des supplétifs arborant un sourire genre milicien qui rapporte sa prise…

    J’abrège, blonde, supplétifs, patibulaires, escaliers, libé, rue, il pleut. Le bus attend, la smala dîne au frais du lyonnais… les traditions je suppose.

    J’adore les lycéens français. On me demande souvent pourquoi ils sont rebelles. Maintenant, je sais.

    Mit freundlichen Grüssen.
    Erna

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  10. posté le 18 sept 2009

    @ Erna

    Une contribution en tout point remarquable.

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  11. de Jérôme Manin
    posté le 19 sept 2009

    @Erna. Merci :-)

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  12. de michel
    posté le 19 sept 2009

    le peuple va bien finir un jours pars se lasser de tout ces guignols ?

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  13. de video meliora
    posté le 21 sept 2009

    le blog d’erna c’est bien « www.pissevinaigre.com » ?

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  14. posté le 24 sept 2009

    ce n’est même pas la gauche et le centre, c’est tout simplement , les citoyens ont ils des choses à se dire ? c’est pourquoi les responsables politiques ne s’ouvrent pas au dialogue, nul n’est censé être mieux que l’autre.

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