Villages et planètes, objectif B20* (en direct de l’U. d’été du Medef)

photoC’est sous cette thématique un peu obscure que s’est ouverte, hier, la traditionnelle l’université d’été du Medef. Pour Laurence Parisot, « il faut que les gouvernements portent la voix des entreprises. Il faut que les chefs d’entreprise prennent la parole. Il faut que s’expriment les exigences nouvelles de la planète. Il faut entendre jusqu’au plus petits villages. » Ambitieux !

7h55. La navette part du siège parisien du Medef, avenue Bosquet, à un tir de mortier de l’école militaire. A droite, un monsieur lit Le Figaro ; à gauche, Les Echos ; devant, l’Expansion. Certains relèvent leurs courriels, d’autres tentent de dormir. Le ton est donné, sérieux. On n’est pas là pour rigoler.

8h00. Le car part direction le campus HEC, à Jouy-en-Josas. Il y règne une chaleur de bête. Elle est où la clim ?

Live blogging à partir de 9h00, heure de Paris, avec un atelier sur le thème  des « recompositions géopolitiques ». A noter les interventions de Pascal Boniface, directeur de l’Iris, Pierre Moscovici, député PS et ex ministre des affaires européennes, Gérard Longuet, ministre de la défense, Gilles Kepel, politologue spécialiste du monde arabe, Jean-Paul Herteman, PDG de Safran ou encore Catherine Withol de Wenden, politologue spécialiste des migrations internationales.

8h45. Un café et un jus d’orange frais pressé vite avalé, je me dirige vers la tente des plénières. La presse est là en force. LCI, BFMTV et France Culture ont délocalisé leurs studios avec moultes directs. Croisé Jean de Chilly, patron de l’Aderly, l’agence de développement éco de l’agglo lyonnaise, et le moine boudhiste Mathieu Ricard, un habitué des lieux où il intervient quasiment chaque année. Petite causette avec Nicolas de Tavernost, le patron de l’ex-petite chaine qui, désormais, a sa place à la table des grands. Lui aussi est un fidèle…

9h15. Gérard Longuet arrive bon dernier. L’atelier peut commencer… Consensus entre Gérard Longuet et Pierre Moscovici. Ils sont là pour « écouter et échanger », et prendre de la hauteur et du recul. L’animateur leur demande de ne pas faire « campagne électorale » dans un contexte médiatique qu’il estime être proche du caniveau ces temps ci.

9h36. Pour Pascal Boniface, géopolitologue, directeur de l’Iris, les révolutions arabes ont eu des répercutions sociétales dans de nombreux pays comme l’Inde où l’Espagne avec les indignés. « A l’heure de la mondialisation l’ensemble de l’humanité est réactive. »
Si l’Europe ne crée pas une alliance avec le Sud, elle sera la Suisse de demain. L’Union pour la Méditerranée et l’Afrique sub-saharienne seront les grands enjeux géopolitique du XXIe siècle pour l’Europe. Cette alliance pèsera, avec 30 milliards d’habitants en grande majorité francophones, c’est notre chance et notre avenir, estime Jean-Louis Guigou, délégué général de l’IPEMED (institut de prospective qui vise à rapprocher les deux rives de la Méditerranée).

9h52. « On sort de la décennie post 11 septembre basée sur la peur de l’autre avec une autre tendance lourde : l’occident a perdu le monopole de la puissance. Nous devons donc revoir nos relations avec les autres, et notamment la soixantaine de pays émergents (il n’y a pas de les BRIC) », estime Pascal Boniface.

Pierre Moscovici récuse la diplomatie du statut-quo et l’agenda des affaires étrangères purement sécuritaire qui a pu nous conduire à passer à côté de certains bouleversements. « Ce sont des pays jeunes, il faut leur faire confiance et nouer des relations de proximité, notamment économiques », pour construire un co-développement.

10h00. Gérard Longuet s’étonne que dans un monde aussi ouvert, et où l’information va si vite, les mouvements de population soient si peu nombreux… Réflexion purement personnelle précise-t-il. Il abonde l’intervention de Pierre Moscovici : « la real politique est morte ! »
Il reprend sa casquette de ministre de la Défense. Pour lui, même si de nouveaux acteurs apparaissent, montent en puissance, il constate la permanence de conflits ouverts ou latents qui n’ont pas évolué (mer de Chine, Pakistan vs Inde, Israël vs Palestine…) et qui restent des points de préoccupation.

Monia Essaidi, ancienne présidente du CJD/Utica, directrice générale de Socotex et membre fondatrice de la fédération des entreprises de Tunisie, s’inquiète de la réception par Alain Juppé du parti islamiste tunisien seul parti reçu « en grande pompe » au quai d’Orsay. Pas de réponse de Longuet…

Pascal Boniface conteste l’arrêt de la real politique. « Ce n’est pas accepter l’inacceptable. C’est étudier un rapport de force avant de décider. »

Paradoxalement, l’Afrique est très riche de matières premières avec des gouvernements corrompus qui bloquent son développement. Ce temps est fini car les peuples s’expriment. 50% de la population africaine a moins de 35 ans et ils vont tout faire péter. A nous de savoir les écouter et les comprendre, poursuit Jean-Louis Guigou.

A suivre…

10h50. Pause papotage avec les dirigeants du Medef Lyon Rhône avant d’être interviewé par un journaliste de RFI sur le moral des entrepreneurs. L’université d’été se joue aussi beaucoup dans les couloirs où se croisent chefs d’entreprises, VIP, lobbyistes, parlementaires… La café et le thé sont à volonté ainsi que les boissons du groupe Coca-Cola. Pas de light, pas de zéro. Du sucre, du vrai. Pas bon pour mes artères. Ce sera donc de l’eau !

11h10. Bad news qui risque de peser sur le moral des troupes. Le Medef Lyon Rhône a été largement battu par le Medef Marseille au baby-foot. Voilà qui risque de chagriner Jean-Michel Aulas qui vient d’arriver pour la plénière sur le thème de « Réespérer ». Avec en exergue la phrase de Bill Clinton « This is still a good time to be alive ». Le staff du Medef de Lyon a sûrement dû la prononcer il y a quelques mois, à la suite de la cuisante défaire aux élections à la CCI de Lyon. Une défaite mise à profit pour rebondir, l’actualité des prochains mois en apportera la preuve !

11h34. Pause dans l’amphi réservé aux blogueurs afin de recharger la batterie du Mac. Plus de 100 sont accrédité pour cette U d’été. Ambiance studieuse, écrans pour suivre les débats en direct, ça tape, monte des vidéos, charge des photos. Bref, ça blogue !

Dans les couloirs, je croise NKM en train de discuter assise sur un canapé, totalement accessible. Gérard Longuet, entouré de ses body-guards, se laisse facilement approcher. Idem pour Henri Guaino qui me promet de venir à Lyon parler de francophonie.

12h00. J’apprends aux nombreux lyonnais deux informations : Gérard Collomb est candidat à sa succession, c’est dans Le Progrès de ce matin (c’est pas un scoop estiment mes interlocuteurs) et Michel Havard est en tête du dernier sondage de Mag2Lyon comme leader de l’opposition pour les prochaines municipales (certains ont eu l’air véritablement heureux. « C’est un type bien ! »).

13h00. Pause déjeuner d’un sandwich (au saumon tout de même)-eau minérale-salade de carotte. Heureusement, mon copain Florent Thibault, délégué général du Syndicat des fabricants de sucre de la Réunion, avait eu la bonne idée de garnir les sacs de pâtes de fruits en provenance directe de sa belle île. Merci Florent, une petite dose d’exotisme ne nuit pas…

15h20. Le pacte social au programme du B20, pour une dimension sociale de la mondialisation, c’est dans 10 minutes avec Xavier Bertrand, ministre du travail, Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris (et dauphine de Bertrand Delanoë), Bernadette Ségol, SG de la confédération européenne des syndicats…

Un atelier à visionner, comme l’ensemble des débats, sur le site du Medef en cliquant ici.

15h30. « Il n’y a jamais eu de sortie de crise dans le passé sans une redéfinition du pacte social », l’animateur, journaliste à L’Expansion met dès le départ les pieds dans le plat. Mais quel contour pour ce pacte ?

La France a donné une place importante au social dans le programme du G20. Pour Xavier Bertrand, « le G20 traitera des problèmes financiers, des matières premières et de la nécessaire régulation sociale dans le cadre de la mondialisation alors que l’on a longtemps cru dans ces instances internationales que le social n’y avait pas sa place B20 sera un moment important du G20, qui associera l’ensemble des partenaires sociaux. Nous voulons développer la dimension sociale, voire la régulation sociale de la mondialisation. Faute de quoi, on aboutira à une course au moins disant social. Et ce n’est pas un sujet virtuel, nous devrons déboucher sur des mesures concrètes. Le G20, ne l’oublions pas, c’est les deux tiers de la population mondiale.
Or pour nous, la réalité de l’emploi, c’est l’entreprise. Le B20 sera donc nécessaire pour accompagner la réflexion et l’action politique, voire pour provoquer l’impulsion. »

16h06. Bernadette Ségol est secrétaire générale de la Confédération Européenne des Syndicats. Elle estime qu’un pacte social se créée avec des contreparties, au niveau européen avec notamment des minimas sociaux. Elle estime que la commission ne va pas assez loin. Ce qui provoque une question de la salle envoyée par SMS « pouvons nous délocaliser les syndicats dans le cadre de la mondialisation ? » Flottements à la tribune lorsqu’elle apparait à l’écran…

16h12. Daniel Funes de Rioja, vice-président exécutif de l’Organisation internationale des employeurs, lui succède. Il approuve l’inscription du social à l’agenda du G20. C’est d’autant plus d’actualité que de nombreux pays ont connu des troubles sociaux et que les entreprises et les salariés accompagnent et subissent cette crise.  Nous attendons du G20 des mesures qui favorisent l’économie et le commerce et redonnent la confiance. « Le G20 doit être une plateforme d’échange de bonnes pratiques en faveur de l’entrepreneuriat. »

On sent un vrai fossé avec des participants. Plus on parle de social, plus les questions envoyées par SMS ou Twitter et qui s’affichent sur l’écran central dénigrent le sujet avec des formules à l’emporte pièce style « le social au détriment de la compétitivité ».

16h33. A quand un nouveau modèle ? De nombreuses questions traitent de la possible fin de notre modèle social. Bernard Spitz est président de la Fédération Française des Sociétés d’Assurances. Il estime que les problèmes sont les mêmes pour tout le monde, sachant que l’on s’interroge d’un côté sur la capacité à conserver ce modèle et de l’autre côté sur la capacité à accéder à ce modèle. « L’économie réelle a besoin de règles du jeu partagées au niveau mondial sachant que les pays ne partagent ni les mêmes exigences, ni les même visions. L’harmonisation et l’équilibre sont donc au centre du G20. Des règles du jeu qui ne pourront se faire contre ou sans le social. L’emploi, les droits, une coordination, un socle social seront au cœur des débats. »

Je vais quitter l’U. d’été dans 15 minutes. Direction Paris pour deux rendez-vous de prospection. Pendant la réflexion, les ventes continuent ! Enfin, je l’espère !

* B20 comme le sommet qui rassemblera à Cannes des chefs d’entreprise et les présidents des organisations patronales des pays membres juste avant le sommet du G20 sous présidence Française.

Les Commentaires ( 1 )

  1. de Jérôme Manin
    posté le 1 sept 2011

    Village People, on ne vous a pas oublié. http://www.officialvillagepeople.com

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