Deux mots

A la fin de cette journée, deux mots me viennent spontanément en tête : innovation et conservatisme. Deux mots qui se baladent entre Congrès et région Rhône-Alpes.

Ce fut une première. A 15 heures, Nicolas Sarkozy faisait son entrée devant le Congrès réuni à Versailles. Un discours –un de plus diront certains lassés de la politique- qui marquera. D’abord parce que ce fut le premier d’un Président de la Vè république devant le Congrès, modification de la constitution oblige (en réalité un évènement qui ne s’était pas produit depuis 1848). Ensuite parce que Nicolas Sarkozy marque une nouvelle étape dans sa mue de candidat à Président. Il a, tout au long des 45 minutes de discours, à la fois accompagné l’histoire de ce « vieux pays, sur un vieux continent, avec une vieille civilisation », tout en fixant un cap, « ce que je vous propose, c’est le mouvement. Ayons le courage de changer. » Un discours que j’ai trouvé d’une grande dignité, sobre et néanmoins plein d’allant.
Certains commentateurs, ou téléspectateurs, comparaient cette session extraordinaire au Congrès américain recevant une fois l’an le Président des USA pour le discours de l’Union. A ceci près que là-bas, où la démocratie est apaisée une fois les élections passées, tout le monde applaudit l’entrée du chef de l’Etat. Non pour manifester un soutien, mais pour témoigner le respect du à la fonction. Il faut croire que ces élus, restant assis ostensiblement, en oublient ce qu’ils ont appris à l’école. Et les leçons de civisme et de démocratie qu’ils tirent à longueur de soirée électorale !
Mieux encore, les Verts et les Communistes qui boudaient ostensiblement la séance, ne souhaitant pas « faire la claque au Président », selon la formule de Noël Mamère, avaient fait le déplacement à Versailles. Histoire de commenter l’intervention boudée sur les plateaux improvisés des chaînes de télé. Une « mascarade » (sic !) dont ils furent les acteurs bien volontaires…
Un seul regret : que le Président n’ait pas pu, constitution oblige, assister au débat. La commission Balladur avait suggéré cette disposition. Elle n’a pas été retenue. Dommage, la politique aurait sûrement gagné. Et le moment n’en aurait été que plus solennel. Mais une fois de plus, nous n’avons pas su tenir une réforme jusqu’au bout. Vers la présidentialisation complète de cette Vè République.

Le conservatisme est venu de Rhône-Alpes. Cette région que j’ai tant aimé lorsqu’elle revendiquait l’expérimentation. Lorsqu’elle osait inventer le chèque culture, lorsqu’elle décidait la reprise en main des transports régionaux, lorsqu’elle faisait l’Europe au travers de ses quatre moteurs*, lorsqu’elle créait les lycées pilotes… Cette région aujourd’hui est celle du conservatisme. Sarkozy : « Nous irons jusqu’au bout de la réforme territoriale. Nous ne nous déroberons pas devant la réduction du nombre d’élus territoriaux, ni devant la répartition des compétences. »
Immédiatement, au lieu de proposer, d’innover, de créer, d’inventer, Jean-Jack Queyranne, dont on ne peut pas dire que son mandat aura marqué les esprits et les cœurs (la personne avec qui je déjeunais à midi me confiait que bien peu de rhônalpins connaissaient le simple nom de leur président !), renâclait. Style « touche pas au grisbi… ». Cela se traduira par, je le cite, “une volonté d’étouffer l’échelon régional”. Pour lui, “cette réforme cache mal un retour au centralisme alors que les trois-quarts des investissements publics en France sont portés par les collectivités locales. » Une seule question à Queyranne : le système politique actuel, et son millefeuille de compétences, lui semble-t-il réellement efficace et efficient ? Allons, Jean-Jack, une fois dans votre carrière de politicien, entendez ces deux phrases qui devraient être le moteur de ce que Mitterrand nommait « les forces de progrès » : « ce que je vous propose, c’est le mouvement. Ayons le courage de changer. »

*ce sont quatre grandes Régions européennes : le Bade-Wurtemberg (Allemagne), la Catalogne (Espagne), la Lombardie (Italie) et Rhône-Alpes (France).

Les Commentaires ( 8 )

  1. de Jérôme Manin
    posté le 23 juin 2009

    L’ordre des choses est à reconsidérer : http://fr.wikipedia.org/wiki/Conservatisme
    Les conservateurs sont définitivement cette gauche symbolisée par JJ Queyranne, Collomb et leur clients.
    Des conservateurs qui ne sont plus ni républicains, ni démocrates, ni rénovateurs …

    « Des produit bourrés de colorants et de conservateurs dont l’emballage imputrescible constitue 90% du prix » C’est ça nos socialistes de collectivités locales, C’est pas bien bio….

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  2. de michel
    posté le 23 juin 2009

    que dire de ce cirque en période de crise,?
    vu le coût,cela était t il indispensable,,,,
    j »ai remarquer que carla fut ébloui pars la beauté du lieu,regardez son entrée,
    le reste,pas grand chose,
    en france,le conservatisme c »est depuis toujours l »état socialiste ,de 1945 a ce jours,
    l »état ne peut malheureusement pas changés,
    30 ans de déficit et cela empire,maintenant,un emprunt d »état?
    supprimons le 1 pour cent EDF pour la cgt,j »en passe et des meilleures,
    lisez la cour des comptes,un comble dans le gaspillage des deniers publics
    la retraite,
    appliquons la devise de la france et oui
    ,qui aura le courage d »appliquer ce remède de cheval??
    une seule caisse,plafonner a 5000 euros,
    le reste,,, des paroles,comme toujours?
    28 plans de la séçu,et toujours le trous,heureusement c »est pas sa boite,,,,,
    faire travailler les gens plus? OU et chez qui?? et les jeunes alors?
    retraite a 67 ans,45 ans de cotisations,le trous sera toujours la?
    seul,les entreprises privées peuvent innover,l »état se doit de leurs foutre la paix et de les aides dans leurs démarches administratives,et marcher publics,l »administrations au service du priver,pas le contraire et oui
    a ce jours,contrôles tatillons sur tout,brucelles et ses directives,les inspecteurs syndiqués a gauche qui pensent que les patrons sont des voleurs ,des magouilleurs,la médecine du travail,une rigolade,,,,qui coûte cher,,
    certes,il faut des contrôles,mais l »état devrait en premier,faire le ménage en son seins,et dans ses administrations
    le pays est malade de ses politiciens qui en on fait un métiers,
    mitterrand nommait.,les forces de progrès??
    jamais elle sera dans les élues de notre france ? JAMAIS

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  3. de Patrick Genet
    posté le 23 juin 2009

    Deux mots ?
    Les pitreries de certaines forces politiques à l’échelon nationale et les boucliers levés par d’autres à l’échelon local m’incite à suggérer un autre titre à ce billet : « deux maux » (malheureusement parmi tant d’autres).

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  4. posté le 24 juin 2009

    @jerome manin

    Je ne comprends cette propention des UMPistes à dénigrer sytématiquement leurs adversaires, à les traiter plus que terre. Certes le combat politique est de tous les instants. Les élus que vous citez sont bel et bien des républicains et des démocrates, même si je ne partage pas toutes leurs décisions.
    Proposez les votres et nous autres citoyens pourrons comparer.

    @L’auteur du Blog

    Non NS ne s’est pas mû en PR. Il est resté un candidat qui recherche encore et toujours le « coup » d’après et puis 45 minutes de discours ce n’est pas long. Par ailleurs, qu’ à t’il dit réellement qui puisse nous enthousaismer à l’horizon 2020?

    Quant à la région Rhone-Alpes je ne crois pas qu’elle soit conservatrice, bien au contraire. D’ailleurs, JJQueyranne n’a pas remis en cause ce qu’avait fait Charles Millon, il l’a même amplifié. Je crois qu’il est ferme avec la SNCF en ce qui concerne les transports régionaux et les comités de ligne sont une réalité. Et la carte M’RA est bien la prolongation de la carte culture, sans compter la carte Ou’Ra.

    Au niveau européen, la Région continue d’aller de l’avant puisqu’elle vient de se rapprocher de Barcelone. Et qu’elle n’oublie pas non plus l’Afrique.

    Quant au nom du Président, j’ai comme l’impression que les rhone-alpins connaissent certainement mieux M. Queyranne que Mme Comparini, voire M Millon.

    Vous les traitez de conservateurs parce qu’il rechignent à la réforme territoriale. Cette réforme à mes yeux n’est pas démocratique car en réduisant le nombre d’élus au prétexe de réductions des dépenses de fonctionnement, elle va encore accentuer le poids des partis et des combines en tout genre entre amis et copains en oubliant le besoin de souffle démocratique de » la France « d’en bas » selon une raffarinade bien connue.

    Votre note sent la candiateure à la candidature. Alors si vous désirez aller à la Region en 2010, attaquez sur l’angle des dépenses dispendieuses de com et de voyages, entre autre et sur les ayatolas verts.

    Mais, par dessus tout, que proposez-vous pour Rhone-Alpes d’ici à 10 ans?

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  5. posté le 24 juin 2009

    Bonjour Christine,
    je ne partage pas votre point de vue sur la réforme des collectivités territoriale annoncée (et dont nous supposons le contenu…). Je traite effectivement JJQ de conservateur car, pour moi, un non doit s’accompagner d’une contre-proposition. Vous soulignez d’ailleurs vous-même que son mandat n’a fait que poursuivre les politiques engagées avant lui. Pas d’innovations, pas de créations, pas d’élan. De la gestion. Sur laquelle, comme vous le soulignez, on pourrait gloser des lignes et des lignes.
    Quant à l’hypothèse de ma candidature à la candidature, au risque de vous décevoir, elle n’est pas d’actualité. Je ne serai pas candidat aux régionales. J’ai choisi de quitter la vie politique après 13 ans de mandat pour me consacrer pleinement à mon entreprise et à la Francophonie. Une autre manière de faire de la politique, parfois plus efficace.

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  6. de michel
    posté le 24 juin 2009

    voila un homme,sage
    l »entreprise est l »avenir pour notre pays

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  7. de justin
    posté le 27 juin 2009

    toutes ces strates administratives nous coutent une fortune alors que nous n’en avons plus les moyens.cela sert surtout à préserver les rentes de situations de certains .2 suffiraient.Les communautés de communes et les régions.d’autre pays d’Europe sont administrés de ceete façon,le sont ils moins pour autant.quant au discourt de sarko,un étalage de lieux communs,une justification de fuite en avant.question, qui risque de se poser de façon douloureuse.Qui va payer ??????

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  8. posté le 29 juin 2009

    Dire que le fait de succéder à Adolf Thiers relève de l’innovation est une insulte grossière pour tous les Républicains.

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