La dernière nuit…

Tripoli, Liban. Au nord de Beyrouth.
Un hammam désaffecté. On y parle le français. Et l’arabe aussi.
Il y a de la musique, du raki, des souvenirs. C’était vendredi soir. Une plongée au cœur de l’orient, avec ses djiins, sa musique et ses traditions. J’y étais…

« Pour chaque regard que nous jetons en arrière, il nous faut regarder deux fois vers l’avenir. » C’est par ce proverbe arabe que la dernière création de la compagnie du Fanal se termine. Pierre Desmaret, l’auteur-acteur-metteur en scène nous emmène à Tripoli, dans un Liban qu’il connaît bien pour y avoir baladé son castelet il y a quelques années dans le cadre des fêtes francophones locales.
« La dernière nuit de Shéhérazade » se joue au théâtre des Marronniers, près de la place Bellecour.
Cette création est au programme du Mois de la Francophonie dans le Grand Lyon (le programme ici). Elle mêle comédie, musique, marionnettes et théâtre d’ombre. Dans la droite ligne de la tradition orientale.
Ce hammam, qui symbolise l’art de vivre à l’orientale, est ici devenu une zone franche, où le maître des lieux reçoit le visiteur d’un soir, Raki. Celui-ci est à la recherche d’un orient perdu, et peut-être de son identité. Shéhérazade, la fille de la maison, s’avance et renoue le fil de la grande tradition des contes orientaux, accompagnée par ces deux hommes, le gardien et le visiteur… Des récits courts, un fil rouge (celui de l’identité au travers des contes et de la vie), quelques marionnettes, de la musique, de la vidéo, des djiins, des pigeons aussi avec, en toile de fond, un Liban qui veut vivre et regarder vers l’avenir plutôt deux fois qu’une.
J’ai passé un très bon moment aux Marronniers vendredi soir. Plongé au cœur de cet orient qui m’attire tant. Allez-y et demandez Shéhérazade de ma part. Elle vous envoûtera…

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Le dernier vote. C’était jeudi soir, dans les sections du PS. Les militants devaient adouber (ou pas) le parachutage de Vincent Peillon dans le grand Sud-Est. Gérard Collomb avait appelé « à exprimer notre désaccord par le refus de vote, l’abstention ou le vote contre. » 70% des votants ont voté « oui ». Ce qui a permis à Collomb de faire de l’arithmétique de mauvais perdant, vantant qu’en additionnant les votes contre et les abstentions, le « oui » était minoritaire… Une posture sémantique qui pourrait bien se retourner contre lui à chaque élection. D’autant que l’abstention était proche de celle d’il y a 6 ans qui validait le parachutage de Michel Rocard. Parachutage auquel Collomb avait, à l’époque, donné sa bénédiction. Allez comprendre !
Un dernier chiffre, dans le bureau de vote du 3è, l’arrondissement dont Thierry Philip (le poulain de Collomb pour ces élections européennes, coiffé sur le poteau par Vincent Peillon) est maire, le oui l’a emporté avec 35 voix pour et 7 contre.

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Une nuit. Et une seule. Ce sera le 23 mars. Pierre Cardonnel fera étape à Lyon.
Pierre Cardonnel ? Un allumé copain d’un autre fêlé lyonnais, l’ami Jérôme Manin. « Heureux les fêlés, car ils laissent passer la lumière » disait le poête… A 31 ans, Pierre Cardonnel a décidé d’entamer un périple de 150 jours à pied à travers la France. 4 982 kilomètres, avec une moyenne quotidienne de 33 km. Chaque soir, il fait étape chez un membre de la communauté Facebook qui participe donc pleinement à l’aventure. Sorte de tour d’initiation et d’amitié. De quoi rendre bien humaine cette (pseudo ?) communauté virtuelle.
« Une occasion de vérifier qu’internet peut être un formidable outil de rencontre et de découverte », note Pierre sur son blog et sur son groupe Facebook.
Par le biais des « amis des amis », le réseau Facebook permet un périple comme celui-ci. Sur son groupe, Pierre indique qu’un portrait de chaque hôte sera publié… « Celà permettra d’avoir un album représentant 150 habitants des villes et villages de France », ajoute-t-il.
A Lyon, c’est Jérôme Manin qui organise l’étape. « Nous aurons très bientôt ses heures et lieux d’arrivée précis, nous souhaitons lui réserver un accueil chaleureux.
Son voyage trouve du sens et de l’humanité dans l’accueil que nous lui feront, soyons le plus nombreux possible à saluer le voyageur et à faire connaître son aventure.
Témoignez-lui votre intérêt sur Facebook et/ou passez à la petite fête que nous allons lui organiser le 23 au soir ou le petit déjeuner du 24 au matin pour son départ de Lyon (cela devrait avoir lieu Aux Trois Gaules vers l’amphithéâtre du même nom).
 » Alors, c’est simple, il n’y a plus qu’à cliquer ici ou et venir dire bonjour au marcheur à la recherche de visages d’amis…

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Un aller/retour. C’est le temps qu’il m’a fallu pour lire le dernier hors-série d’Historia. Le titre « Le socialisme. Des utopistes fondateurs aux enfants perdus de Jaurès ». Et pas de mauvaise foi dans mon propos. Cette édition a été placée sous la direction de l’Office universitaire de recherche socialiste. Je vous recommande l’achat de cette revue (5,90 euros, c’est pas cher en plus !) qui nous plonge notamment dans les théories de Saint Simon, chères à Gérard Collomb. Vous comprendrez ainsi mieux pourquoi Eric Zemmour dans « On n’est pas couché » hochait la tête de droite à gauche (ou l’inverse) aux explications de notre bon maire !

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La dernière nuit de Shéhérazade de Pierre Desmaret, théâtre des Marronniers, Lyon, du 11 au 30 mars
Un spectacle de théâtre et musique conçu et mis en scène par Pierre Desmaret, musique Louis Soret. Avec Vanessa Desmaret, Louis Soret, Pierre Desmaret.
Représentations à 20 h 30, dimanche à 17 h, relâche les 16, 17, 23 et 24 mars.

7 rue des Marronniers 69002 LYON – Métro Bellecour
Tarifs : 14 €, étudiants – 25 ans : 11,50 €, jeunes -16 ans : 10 € – Tarif unique le jeudi : 10 €
Réservations 04 78 37 98 17.

Les Commentaires ( 2 )

  1. de Alain Roure
    posté le 15 mar 2009

    Saint Simon présente son idée fondamentale sur la société à travers une parabole célèbre qu’on retrouve dans son texte L’Organisateur.
    Si la France perdait ses cinquante meilleurs physiciens, artistes, militaires et entrepreneurs, elle ne s’en remettrait pas.
    « Comme ces hommes sont les Français les plus essentiellement producteurs, ceux qui donnent les produits les plus importants, ceux qui dirigent les travaux les plus utiles à la nation, et qui la rendent productive dans les sciences, les beaux-arts et les arts et métiers, ils sont réellement la fleur de la société française ; ils sont, de tous les Français, les plus utiles à leur pays, ceux qui lui procurent le plus de gloire, qui hâtent le plus sa civilisation ainsi que sa prospérité ; la nation deviendrait un corps sans âme à l’instant où elle les perdrait, elle tomberait immédiatement dans un état d’infériorité vis-à-vis des nations dont elle est aujourd’hui la rivale, et elle continuerait à rester subalterne à leur égard tant qu’elle n’aurait pas réparé cette perte, tant qu’il ne lui aurait pas repoussé une tête. »
    « Admettons que la France conserve tous les hommes de génie qu’elle possède dans les sciences, les beaux-arts et les arts et métiers, mais qu’elle ait le malheur de perdre, le même jour, Monsieur, frère du roi, la cour et toute la noblesse.
    Cet accident affligerait certainement les Français parce qu’ils sont bons, parce qu’ils ne sauraient voir avec indifférence la disparition subite d’un si grand nombre de leurs compatriotes. Mais cette perte de 30 000 individus, réputés les plus importants de l’État, ne les affligerait que sous un rapport sentimental, car il n’en résulterait aucun mal politique pour l’État.
    D’abord, par la raison qu’il serait très facile de remplir les places qui seraient devenues vacantes : il existe un grand nombre de Français en état de remplir les fonctions de frère du roi aussi bien que Monsieur ; beaucoup sont capables d’occuper les places de princes tout aussi convenablement que Mgr le duc d’Angoulême, que Mgr le duc d’Orléans. (…) Ces suppositions font voir que la société actuelle est véritablement un monde renversé (…) puisque (…) dans tous les genres d’occupation, ce sont des hommes incapables qui se trouvent chargés du soin de diriger les hommes capables, que ce sont, sous le rapport de la moralité, les hommes les plus immoraux qui sont appelés à former les citoyens à la vertu, et que, sous le rapport de la justice distributive, ce sont les grands coupables qui sont préposés pour punir les fautes des petits délinquants. »

    Le sens de la parabole est clair : la primauté des forces économiques et des producteurs dans la société.
    Bon, et si Gérard Collomb, Vincent Peillon, Dominique Perben, Michel Havard… disparaissaient ? Nous serions tous très malheureux, mais bon, et après.
    Collomb saint-simonien, Mathiolon à la mairie !

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  2. de david jourdes
    posté le 15 mar 2009

    Vous avez raison sur un point.

    L’imaginaire de décideurs actuels n’est pas créatif ! Pour certains il est même trop figé ! Disons les choses … De nombreux élus de gauche comme de droite fonctionnent encore selon des pratiques d’ancien régime ! Chaque territoire demeurant un fief ! Chaque élu redevenant un petit hobereau sans réelle consistance si ce n’est celle conférée par ses rares partisans/courtisans !

    Cependant, n’en déplaise à certain, un homme sort du lot ! Dominique Perben est celui-là ! Je sais, une fois encore je veux prendre parti mais en démocratie il convient de faire des choix ! Aussi, je vais en sens contraire du message précédent … Si Dominique Perben disparaissait alors je quitterais l’UMP local ! Ou tout du moins je refuserais de servir aux intérêts mesquins de certains autres élus ! LNH fut un espace de création citoyenne et j’ose espérer que Nouvelle Donne sera aussi un atelier éclairé pour ceux qui rêvent de donner un autre sens à la politique … Saint-Simon parlait de politique « positive » … Positivons donc !

    Pour Gérard Collomb, bien qu’il soit donné pour éclairé, je ne peux lui trouver d’agréables qualités … Je ne suis d’ailleurs pas convaincu qu’il positive … Ou en sens inversé !

    Dans tous les cas votre message me plaît … Que proposez-vous donc … Ou plutôt que supposez-vous ?

    Certes Saint-Simon était un aristocrate éclairé qui pensait que la morale était fondée sur des bases nouvelles plus assurées que celles de la « naissance » puisqu’étant celles de l’entreprise …

    En seriez-vous à penser que notre temps aurait quelques similitudes d’avec ceux d’avant la révolution de 1789 ?

    De la même manière seriez-vous de ceux qui voient en Bonaparte un grand homme, un prince éclairé, un fils de la Révolution ? Nous serons donc deux !

    Mais dès lors vous êtes certainement de ceux qui pensent que l’audace politique, le courage personnel sont des qualités essentielles chez un chef de file ? A qui pensons-nous ?

    Saint-Simon … « De la Réorganisation de la société européenne » … Thème si actuel, si moderne finalement … Lui qui voulait rendre la politique justement « positive » … Écrivant que « L’âge d’or du genre humain n’est point derrière nous, il est au-devant, il est dans la perfection de l’ordre social ; nos pères ne l’ont point vu, nos enfants y arriveront un jour ; c’est à nous de leur en frayer la route.» …

    Et j’aime à penser que cet esprit de la politique positive n’est pas à gauche mais à Droite !

    D’ailleurs à qui pense-t-on en lisant qu’ « Il faut refondre tout le système des idées morales ; il faut l’asseoir de nouvelles bases ; en en mot, il faut passer de la morale céleste à la morale terrestre. » … ?

    Saint Simon donne pour principe premier que « L’homme doit travailler » …

    Vous voyez, la création positive est à Droite !

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