Sarkozy : il faut le pendre !

"Donnez-moi deux lignes de n’importe qui et je le ferai pendre", a dit le Président de Harlay, un grand magistrat de la fin du XVIIè siècle, qui voulait ainsi souligner le danger des citations abusives… Préparez la corde !

 
La polémique agite la classe médiatique… En cause un extrait du débat entre Michel Onfray et Nicolas Sarkozy paru dans la dernière livraison de Philosophie Magazine.
François Bayrou a ouvert le feu, suivi de Philippe de Villiers qui y voit ainsi "quelque chose qui conduit tout droit à une société que je ne veux pas, celle de l'eugénisme". Marie-George Buffet condamne "quelque chose d'extrêmement grave qui rappelle des choses qu'on a entendu à d'autres époques". Najat Belkacem, porte-parole de Ségolène Royal, y a vu le signe d'un "programme profondément réactionnaire et antihumaniste". Et je vous en passe des vertes et des pas mûres.
Bref, Sarko rime désormais officiellement avec facho. Après les "rafles" policières, nous voici à l'étape suivante. ..

Histoire de revenir à la base de la polémique, et non pas à la condamnation sur deux phrases, voici un extrait complet et sans coupures des quatre pages de débat parues dans Philosophie magazine…

Nicolas Sarkozy : Je me suis rendu récemment à la prison pour femmes de Rennes. J'ai demandé à rencontrer une détenue qui purgeait une lourde peine. Cette femme-là m'a parue tout à fait normale. Si on lui avait dit dans sa jeunesse qu'un jour, elle tuerait son mari, elle aurait protesté : "Mais ça va pas, non !" Et pourtant, elle l'a fait.
Michel Onfray : Qu'en concluez-vous ?
N. S. : Que l'être humain peut être dangereux. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous avons tant besoin de la culture, de la civilisation. Il n'y a pas d'un côté des individus dangereux et de l'autre des innocents. Non, chaque homme est en lui-même porteur de beaucoup d'innocence et de dangers.
M. O. : Je ne suis pas rousseauiste et ne soutiendrais pas que l'homme est naturellement bon. À mon sens, on ne naît ni bon ni mauvais. On le devient, car ce sont les circonstances qui fabriquent l'homme.
N. S. : Mais que faites-vous de nos choix, de la liberté de chacun ?
M. O. : Je ne leur donnerais pas une importance exagérée. Il y a beaucoup de choses que nous ne choisissons pas. Vous n'avez pas choisi votre sexualité parmi plusieurs formules, par exemple. Un pédophile non plus. Il n'a pas décidé un beau matin, parmi toutes les orientations sexuelles possibles, d'être attiré par les enfants. Pour autant, on ne naît pas homosexuel, ni hétérosexuel, ni pédophile. Je pense que nous sommes façonnés, non pas par nos gènes, mais par notre environnement, par les conditions familiales et socio-historiques dans lesquelles nous évoluons.
N. S. : Je ne suis pas d'accord avec vous. J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense.
M. O. : Puisque notre entrevue touche à sa fin, je voudrais vous offrir quelques cadeaux utiles avant que nous nous quittions.
(la suite et le début en achetant Philosophie Magazine d'avril, 4,90 euros)

L’inné et l’acquis, voici un sujet complexe… On en débat d'ailleurs depuis des millénaires.

On ne sait qu’une chose, c’est qu’ils sont intimement mêlés. Mozart avait sûrement des dons extraordinaires en naissant, mais, sans sa famille si musicienne, serait-il devenu ce génie ?
Autre exemple, il y a seulement 17 ans, l'OMS retirait l'homosexualité de la liste des maladies mentales. De nombreux amis homosexuels me disent que leur sexualité est innée… Qu'ils l'ont toujours su, sans pour autant toujours se l'avouer… Et que c'est la société, après, qui décide si elle accepte ou non cette sexualité. Le tout sans pour autant s'attirer les foudres de la bien pensance !
Pour ma part, je pense que la sexualité est innée et que l'acceptation de cette sexualité est une décision sociétale. D'ailleurs, si la pédophilie n'était pas innée, pourquoi les spécialistes s'accorderaient-ils a dire qu'un pédophile ne peut pas changer son attraction pour les enfants ?
Jamais Nicolas Sarkozy n’a dit, comme l’en accuse François Bayrou, qu’un "destin était joué à l’avance" ou qu’il fallait "se détourner de la prévention et du soin" des jeunes qui pensent au suicide !
 
Dire que si des jeunes se suicident "ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés, mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable", ce n’est ni une condamnation, ni un refus de soin !
Dire "j’incline à penser qu’on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions pas gérer cette pathologie", est-ce que c’est le refus de la responsabilité ? Ou plutôt chercher à comprendre l’incompréhensible ?
Les propos de Nicolas Sarkozy ont bien évidemment été sortis de leur contexte : une discussion philosophique de bonne tenue avec le philosophe Michel Onfray, avec lequel il n’est pas d’accord, discussion qui va au fond, notamment sur la place de l'homme dans la société, et qui ne se ramène pas à des bouts de phrases.
"Qui peut me dire que c'est normal d'avoir envie de violer un petit garçon de trois ans ?", s’est interrogé Nicolas. Et ce soir, à Joué-les-Tours (Inde-et-Loire), il a questionné : "Quelle est la différence entre l'inné et l'acquis ? Je me garderais bien de le trancher", invitant ses adversaires à "ne pas fermer la porte" au débat.
Ce soir, lors du meeting de Tours, devant 8 000 personnes, il a fustigé une "stratégie qui consiste à salir l'adversaire que l'on n'arrive pas à combattre sur le terrain des idées parce que soi-même, au fond, on n'a aucune idée et tellement peu de convictions."
Mais en France, le débat fait peur. Seule compte l'attaque. Si possible personnelle.
Tiens, prenons l'exemple de Le Pen. Tout fier de se prétendre "le candidat du terroir face au candidat de l'immigration". Nicolas a répondu ce soir : "Je veux dire à M. Le Pen, qui a sous-entendu que je n'étais pas assez français pour être président de la République : oui, je suis un enfant d'immigré, fils d'un Hongrois, le petit-fils d'un Grec né à Salonique, qui s'est battu pour la France pendant la Première guerre mondiale (..) Mais dans ma famille, on aime la France parce que l'on sait ce qu'on doit à la France (…) La France m'a tout donné et c'est pour cela que je veux tout lui donner à mon tour."
Mon dieu, cet amour de la France ne semble pas inné… Je vous le dis, Sarko, il faudrait le pendre !

Les Commentaires ( 8 )

  1. de Lu sur...
    posté le 11 avr 2007

    Lu sur le blog du patron du groupe PS au conseil municipal de Lyon (www.jysecheresse.com)
    Et c'est un post daté du 28 mars…

    « En vérité, au-delà de cette entame plutôt enlevée, l’essentiel de ce dialogue est sans véritable intérêt, nos deux interlocuteurs échangeant assez superficiellement sur le Gaullisme, les Etat-Unis, la religion et bien d’autres sujets. Lisez bien entendu l’intégralité du texte de ce magazine, vous trouverez peut-être comme moi que tout au long de ces huit pages le petit Nicolas, notamment dans une deuxième manche sous forme de petit déjeuner, est de temps à autre pathétique mais parfois une victime sympathique du professeur Onfray.

    Le petit Nicolas passe donc ce mois ci le bac philo et le nietzschéen Docteur Onfray, comme bien d’autres, est au bout du compte piégé par un candidat plutôt malin, capable de caser le peu de choses qu’il a révisé.

    J’espère que Nicolas Sarkozy ne sera pas président de la République mais avouons qu’il mérite la moyenne à l’épreuve de philo tant, malgré un début d’oral difficile, il a su se défaire d’un professeur émerite bien plus cultivé mais bien moins agile et roublard que lui. »

    Pas un mot sur ces polémiques. Pas un démarrage de critique sur ces paroles. Lorsque l'on connaît la langue bien pendue du barbu en question, on voit bien que cette interview ne casse pas trois pattes à un canard. Fut-il de gauche !
    Mais il faut dire que cette critique a été rédigée près de 15 jours avant que Bayrou, Najat, Buffet, Villiers et autres Fabius ne sonnent la charge !

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  2. de Seb
    posté le 12 avr 2007

    Calomniez, il en restera toujours quelque chose…

    Cet adage semble particulièrement bien adapté à la situation.
    Manifestement, Nicolas Sarkozy ne fait qu'exprimer son sentiment sur le caractère génétique de certains comportements (un article paru il y a quelques années dans le magazine Science & Vie, au sujet de l'isolation du « gène de la violence », n'avait pas suscité autant de réactions).

    La lecture de l'extrait que vous publiez montre bien que Nicolas Sarkozy citait des exemples, et qu'il ne faisait aucun amalgame entre la pédophilie et le suicide des jeunes, contrairement à ce que l'on a pu entendre (de la part, il est vrai, de personnes qui ne sont probablement pas abonnées à Philosophie Magazine…)

    Après avoir dit que Nicolas Sarkozy faisait « peur », qu'il était un « dictateur en puissance » préparant un Etat policier (la preuve, il y a des CRS devant son QG de campagne…), le voilà maintenant soupçonné de vouloir contrôler la qualité des embrions afin d'améliorer la race humaine. A quand la réouverture d'Auchwitz ? (pardon madame Veil de cette insulte à votre mémoire, mais il y a de quoi perdre le sens des valeurs lorsque l'on entend des choses pareilles)

    Existe-t-il un gène de la mauvaise foi ?

    Sébastien
    Blog REPUBLIQUE ET SECURITE

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  3. de steph
    posté le 12 avr 2007

    LES PROPOS DE NICOLAS SARKOZY SUR LA PEDOPHILIE ET LE SUICIDE

    1. Une polémique créée et entretenue de toutes pièces

    Ce qui est choquant dans l'interview de Nicolas Sarkozy à Philosophie Magazine, ce n'est pas la réponse, c'est la question de Michel Onfray qui présente la pédophilie comme une  formule Ÿ de sexualité, au même titre que l'homosexualité et l'hétérosexualité, et qui considère que chacun s'oriente vers l'une de ces trois voies en fonction de son environnement et non de ses gènes.
    En réponse à cette assertion, Nicolas Sarkozy indique  qu'il incline à penser qu'on naît pédophile Ÿ et que  c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions pas soigner cette pathologie Ÿ.
    Nicolas Sarkozy met donc sur deux plans très différents, d'une part, l'hétérosexualité et l'homosexualité, qui sont des orientations sexuelles, d'autre part, la pédophilie, qu'il considère à juste titre, comme une maladie. Comme il s'en est expliqué mardi 10 avril au matin sur France 2, éprouver du plaisir à avoir des relations sexuelles avec des enfants, au surplus que l'on viole, ne peut pas être considéré autrement que comme une anomalie.

    2. La pédophilie est-elle génétique ?

    Nicolas Sarkozy ne l'affirme pas, en tout cas il ne considère pas qu'elle est forcément ou uniquement d'origine génétique. Il sait, comme nous le savons tous, que la pédophilie vient hélas souvent après des brutalités et des violences analogues subies pendant l'enfance. Pour autant, de nombreux chercheurs ont mis en évidence ou cherchent à mettre en évidence les facteurs chimiques et/ou anatomiques de certaines pathologies psychiatriques, par exemple la schizophrénie. Preuve en est que l'on traite ces pathologies en partie par des médicaments. Il existe des travaux de scientifiques reconnus qui portent directement sur les facteurs chimiques ou anatomiques de la pédophilie. Or, à partir du moment où l'existence de facteurs chimiques ou anatomiques expliquent pour partie ces anomalies comportementales, il n'est pas incohérent de penser qu'elles peuvent avoir une origine génétique.

    3. Soigner la pédophilie et prévenir le suicide

    Car, au-delà du débat scientifique que nul ne peut trancher à ce jour, la vraie question est en réalité de savoir comment soigner les pédophiles et comment prévenir le suicide. Sur ce point, Nicolas Sarkozy tranche par la précision de ses propositions depuis quatre mois quand les autres candidats n'ont aucune idée.

    Concernant la pédophilie, outre la recherche, qui doit se poursuivre, il faut agir dans deux directions :
    • soigner les pédophiles, en particulier lorsqu'ils sont en prison, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. C'est la raison pour laquelle Nicolas Sarkozy a proposé à plusieurs reprises que des prisons-hôpital soient créées pour que ces personnes reçoivent tous les soins dont elles ont besoin ;
    • bien mieux protéger les enfants. Si Nicolas Sarkozy souhaite une réforme de la justice des mineurs, ce n'est pas seulement pour répondre au drame de la délinquance des mineurs, c'est aussi pour mieux protéger l'enfance en danger grâce au renforcement des moyens de la protection de l'enfance en danger, à la spécialisation de juges dans cette fonction, à la constitution d'équipes d'éducateurs veillant à l'exécution immédiate des mesures de protection décidées.
    Quant au suicide des adolescents, Nicolas Sarkozy a proposé d'engager une grande politique de prévention de la dépression et du mal-être. Un pays civilisé ne peut pas accepter que près de 100 jeunes mettent fin à leurs jours chaque mois, sans compter les innombrables tentatives. C'est pourquoi Nicolas Sarkozy a proposé notamment la création de maisons pour adolescents dans tous les départements, des lieux où les adolescents sauront qu'ils pourront trouver des professionnels pour les aider.

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  4. de Challopain Simon
    posté le 13 avr 2007

    Je cite :soigner les pédophiles, en particulier lorsqu'ils sont en prison, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. C'est la raison pour laquelle Nicolas Sarkozy a proposé à plusieurs reprises que des prisons-hôpital soient créées pour que ces personnes reçoivent tous les soins dont elles ont besoin ;

    Monsieur Sarkozy n'etait t'il pas durant 4ans (intermede au ministere de l'eco) notre ministre de l'interieur? Pourquoi n'a t'il pas mis ces propositions en application?

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  5. de Erick Roux de Bézieux
    posté le 13 avr 2007

    Bonjour Simon,
    pour votre information, les prisons sont du ressort du ministre de la Justice.
    Ensuite, le fait d'être sortant, s'il impose un minimum de solidarité, ne veut pas dire que l'on avait tous les pouvoirs. Et notamment celui de présider la France et de présider le conseil des Ministres. Sinon, à quoi bon être candidat et avoir un projet en rupture avec le passé…

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  6. de admin
    posté le 15 avr 2007

    le president de la république a le pouvoir de signer une loi ou un décret passant devant le conseil des ministres. mais il ne faut pas oublier que le chef du gouvernement détermine la politique de la nation et que sarkozy était n°2 en charge du ministère de l'intérieur (on a vu le résultat) du culte 'sarkozy l'anti laic et conciliant avec la scientologie (voir son livre il veut « faciliter l'emergence de nouveaux mouvements religieux ») etc … pour la suite je vous invite à http://poly-tics.over-blog.com/

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  7. de admin
    posté le 18 avr 2007

    « Il sait, comme nous le savons tous, que la pédophilie vient hélas souvent après des brutalités et des violences analogues subies pendant l'enfance. »

    … et c'est donc en toute bonne logique qu'il déduit : « J'incline à penser qu'on naît pédophile ».

    Superbe démonstration, merci bien.

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  8. de David
    posté le 24 avr 2007

    Un bien fâcheux débordement…

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