Le bon choix pour la France !

Je rentre de tractage. L'accueil est différent des autres jours. De plus en plus de personnes n'hésitent pas à affirmer haut et fort qu'elles voteront pour Nicolas. En rentrant à la maison, une dépêche de l'Associated Press attire mon regard. "Le bon choix pour la France". Ce slogan de campagne me revient en mémoire. Une voix, immédiatement reconnaissable, celle de VGE le prononçait en 1974. Il vient de faire son choix. Pour la France. N'en déplaise au patron de Lyon Mag dont la bile se déverse à la fin de ce billet.

 
Les lecteurs assidus de mon blog (si si il y en a) savent les liens qui me relient à Giscard. Certains se moqueront. Peu m'importe. Je préfère être fidèle à mes idées que de les renier pour quelques lentilles à la sauce béarnaise !
VGE est le premier homme politique pour qui j'ai milité. Le premier à m'avoir confié des responsabilités, à m'avoir accordé sa confiance. Lui, le fondateur de l'UDF, parti qui a façonné plusieurs générations d'hommes politiques de talent, vient de trancher.
Il annonce demain matin dans une interview donnée au Parisien-Aujourd'hui en France qu'il votera pour Nicolas Sarkozy plutôt que pour François Bayrou dimanche lors du premier tour de l'élection présidentielle. Nicolas étant selon lui "le seul à réunir les conditions qui nous permettent de choisir raisonnablement notre futur président".
VGE justifie ce vote par les choix "sans ambiguïté" que M. Sarkozy propose aux Français, "son expérience de l'exercice du pouvoir et sa capacité de faire avancer les choses", "sa volonté déclarée de dialogue", et "l'existence d'une majorité sur laquelle il pourra s'appuyer et qui donne des signes encourageants de renouvellement".
Dans une critique à peine voilée de François Bayrou, VGE, fondateur de l'UDF, explique que son parti "n'avait jamais eu pour vocation ni pour comportement d'entretenir l'incertitude, de flotter dans le vide entre des politiques évidemment différentes et de s'appuyer sur des majorités impuissantes et fragiles".
"Son rôle a toujours été d'exprimer fortement les valeurs du centre -faites de modération, de réalisme et de fraternité- au sein d'une alliance claire et stable", poursuit-il. "Aux Français et aux Françaises qui partagent les valeurs du centre", il "recommande donc de se prononcer pour un candidat adhérent sans équivoque à une telle perspective", en l'espèce Nicolas Sarkozy.
L'ancien président dit également s'adresser "à la raison des Françaises et des Français" et explique qu'un "bon candidat doit réunir plusieurs conditions". Il doit d'abord "être porteur d'un projet qui réponde aux besoins actuels de la France", avoir ensuite "la capacité, la volonté, le talent d'agir et de mettre en œuvre ce projet" et, enfin, "pouvoir compter sur une majorité stable et solidaire".
VGE "salue" par ailleurs "la présence d'une candidate féminine, Ségolène Royal" et pense "qu'il serait contreproductif pour notre vie politique que la gauche soit absente, pour la deuxième fois, du second tour". Mais, selon lui, l'éventuelle majorité de la candidate socialiste "continue d'être plombée par des composantes extrémistes qui défendent des thèses incompatibles avec les réalités du monde moderne et totalement discréditées auprès de nos partenaires européens, socialistes ou non".
Un à qui l'affrontement droite-gauche ne fait pas plaisir, c'est le patron de Lyon Mag. Sur son blog, il n'y va pas avec le dos de la cuiller. A la limite de l'insulte permanente… J'ai longuement hésité avant de répondre à ce blog haineux. Non par peur de Lyon Mag, mais parce que je n'avais pas envie de faire de la pub à ce donneur de leçon professionnel. Mais basta !
Jugez plutôt… Je le cite sans déformer. "Du coup, au deuxième tour, on aura droit à un face à face très “original” droite-gauche. Et ce sera caricatural car la fièvre centriste sera retombée. Bref, pendant 15 jours, on va assister à une empoignade brutale entre deux clans. Et inutile de dire qu’à ce jeu, Sarko est le plus fort car tous les coups seront permis. Et avec ses jolis sourires, Ségo sera carbonisée. Car elle ne tiendra pas le choc face aux voyous de l’UMP.
(…) Mais au fait, pourquoi je refuse de voter Sarkozy ? Il faut bien reconnaître que c’est un type volontaire, tenace… Car on en a marre de cette inertie des politiques alors qu’on a quand même des sacrés problèmes à régler : retraites, sécurité sociale, chômage… Et la rupture que propose le candidat de l’UMP est a priori séduisante. En plus il a deux qualités incontestables : il est brillant et il a une énergie dingue. Dingue, c’est le problème d’ailleurs. Tout le problème. Car Sarko a un coté psy. C’est même un “hyperactif”. Il en a d’ailleurs tous les symptômes : difficulté à se maîtriser, instabilité, brutalité… Je sais de quoi je parle, j’ai un fils qui est frappé par ce syndrome assez classique.(…)
Bayrou, lui, n’a pas le charme de ses deux adversaires. Et c’est ce qui fait son charme. Car ce qui séduit d’abord, c’est son discours. D’autant plus qu’il a un coté sincère, sans artifice, tenace… Un prof-paysan. Et ce qu’il dit, c’est au fond assez simple. En l’écoutant, on a même l’impression d’entendre un vieux refrain qu’on n’aurait jamais osé chanter à voix haute. Un vieux rêve, ce ni gauche-ni droite. Et tout à coup, on se dit qu’aujourd’hui c’est possible. Car, au fond, le candidat centriste est le seul capable de stopper cette droite réac et sans complexe, cette droite brutale qui croit qu’on peut réformer à coup de matraques. (…)
Lundi soir, je suis quand même allé faire un tour au meeting de Bayrou à Gerland. (…) Des meetings, j’en ai vu depuis 25 ans. Il y a toujours un petit coté hystérique, sectaire, musclé... A gauche comme à droite. Avec Bayrou, c’est l’inverse. Etonnant même. Les discours sont doux, mesurés… Pas d’insultes, ni de gros mensonges, pas de provoc. Et dans le public, pas de militants débiles, surexcités. Pourtant ils étaient nombreux au Palais des sports. Pas loin de 10 000, dont une large majorité de jeunes."

Alors, on reprend. J'ai décidé de soutenir un voyou, limite internable au Vinatier, brutal (tiens je n'ai pas lu le sempiternel terme de facho. Bizarre…) soutenu par des militants débiles et surexcités…

Merci des compliments Philippe. Mais comme militant, vous vous posez là. D'autant que la surexcitation dont vous parlez, elle semble vous prendre dès que la plume vous titille. Tiens, est-elle innée ou acquise ? Quant à votre fils, il sera ravi de voir sa vie étalée dans votre blog. Avec, en prime, l'effroi de devenir comme Sarko si son traitement échoue. Belle leçon de paternité !
Sur les militants de François Bayrou, je vous suggère de quitter vos bureaux de patron de presse et de venir sur le terrain. Vous vous appercevrez alors que ses militants sont comme ceux des autres candidats. Pas mieux, pas pire non plus. Des être humains, faits de coups de cœur et de coups de gueule. Et les militants, voyez-vous, je les aime, quel que soit leur choix politique, car ils s'engagent, offrent leur temps, sacrifient leur vie personnelle et, in fine, contribuent à la démocratie. Mais peut-être que le sens des engagements vrais vous échappe…
Quant à la fréquentation du Palais des Sports pour le meeting du Béarnais, vous annoncez 10 000 participants alors que les organisateurs, dans un communiqué tombé hier, annoncent 7 à 8 000 personnes. De quoi me convaincre définitivement que ce n'est pas un journaliste qui a écrit ce billet mais un militant. Avec tout son côté "débile, surexcité". Enfin, c'est vous que le dites !

Bien entendu, ma réaction a été postée sur le blog de Philippe Brunet-Lecomte … Nous verrons bien si elle sera publiée, son blog étant modéré à priori.

 
 

Les Commentaires ( 3 )

  1. de François...
    posté le 18 avr 2007

    Après Simone Veil, cette annonce de VGE est un nouveau coup dur pour François Bayrou à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle. VGE est non seulement une figure emblématique de la vie politique française mais il est aussi à l'origine de l'UDF. L'Union pour la Démocratie Française a été fondée en 1978 sur l'idée de Jean Lecanuet et Jean-Jacques Servan-Schreiber pour aider Valéry Giscard d'Estaing a disposer d'un parti le soutenant lors des élections législatives.

    Ce ralliement s'ajoute donc à celui de Simone Veil qui avait durement critiqué le président de l'UDF d'un lapidaire « Bayrou c'est pire que tout ».

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  2. de Patrick Genet
    posté le 19 avr 2007

    N'étant ni extrémiste ni surexcité, VGE apparaît comme un soutien de poids pour Sarkozy, capable de faire pencher vers lui le vote de nombre d'indécis.
    L'indécision… Pour paraphraser Peter Handke, c'est un peu comme l'angoisse du tireur de penalty avant de frapper au but : où placer le ballon ? A droite, à gauche ? Où le gardien va-t-il bien plonger ? Après avoir écouté les candidats à l'élection présidentielle, étudié leurs programmes, il faut choisir. Le citoyen fait alors un pari : celui de voir son « favori » appliquer ce pour quoi il lui donne sa voix.
    Depuis plusieurs mois, Nicolas Sarkozy semble avoir évolué. Lui-même prétend avoir « changé ». Certains diront qu'il s'est effectivement assagi, voire « humanisé ». D'autres prétendront que cela n'est que poudre aux yeux électorale. Qui sait ? Restent des propositions et une volonté qui peuvent emporter l'adhésion.

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  3. de David
    posté le 25 avr 2007

    Nicolas défend des idées fortes qui redonnent vie à une droite jusqu'alors trop « centrifiée » par Chirac.
    Mon seul doute c'est le côté psy dont le journaliste parle. Je n'adhère pas à ses arguments, mais en revanche je suis étonné qu'avec toute sa réussite Nicolas n'assume pas sa petite taille. Moi aussi je suis petit et je n'en ai pas honte. Alors que Nicolas met des talonnettes, etc.
    Franchement il devrait assumer sa taille pour que tous les petits soient fiers avec lui !
    Mais Nicolas est complexé, et c'est le seul point qui me fait hésiter à dire qu'il a la stature d'un président…

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