Reviens Jean Valjean !

A entendre les bonnes (et les mauvaises) conscience s'ébrouer sur les ondes depuis les émeutes de la gare du Nord, on en vient à regretter Jean Valjean, Cosette et les Thénardier. Et devinez qui joue le rôle de l'infâme Javert ?

 
Les journalistes de l'émission de M6, "66 minutes", ont suivi une partie de la nuit le commissaire Costard. Particularité de ce fonctionnaire de terrain, il se prénomme Rachel.
"Une opération policière longue et périlleuse, compliquée par la configuration des lieux et la présence des journalistes."
Dans le reportage, on entend fort bien un groupe d'une centaine de manifestants scander des slogans contre l'Etat, les patrons… "A bas l'Etat, les flics et les patrons !" On est bien loin de la simple interposition de voyageurs contre une interpellation, première version médiatique de cette nuit de violences.
Dans ce reportage, on voit Madame le commissaire réagir et piloter ses hommes avec un sang froid remarquable. Une vraie pro. Et sûrement l'une des raisons d'un bilan plus que raisonnable : 6 heures d'intervention, pas une bavure, pas un blessé côté manifestants. Dans une note à sa hiérarchie révélée par Le Monde, Rachel Costard note que "les jeunes qui s'opposaient clairement à l'action de la police étaient au nombre d'environ 300 à 400, pour la plupart provenant de cités sensibles de banlieue. (…) Dans un premier temps, afin de ne pas envenimer la situation, ordre était donné de ne pas procéder à des interpellations. Néanmoins, nos effectifs civils qui se trouvaient en détection discrète dans la foule repéraient les meneurs au sein des fauteurs de troubles. (…) La difficulté principale résidait dans le fait que ces groupes hostiles très mobiles se mêlaient aux passagers habituels de la gare à cette heure de haute fréquentation."
Pendant ce temps, et après, les commentateurs s'en donnaient à cœur joie… Des émeutes ? La faute à Sarko. Un resquilleur ? La faute à Sarko. Un multi-récidiviste en liberté ? La faute à Sarko. Pour un peu, on aurait eu droit à "Une jardinière de 50 kg jetée sur les policiers du deuxième étage de la gare ?" La faute à…
On en vient a regretter Jean Valjean et Cosette. Le monde semblait si simple en ce temps là…
Comme le note si bien sur son blog Koz (www.koztoujours.fr ), "Ce réflexe exonératoire prend désormais appui sur un seul homme : Nicolas Sarkozy. Si le délinquant court, c’est parce qu’on lui court après. Si l’émeutier émeute, c’est à cause de la police, à cause de Nicolas Sarkozy. Et voyez-vous, j’ai le sentiment que le message passe à merveille. Car le jeune de banlieue (au passage, vous ne trouvez pas cet amalgame cruel, qui consiste à l’appeler "jeune de banlieue" ? Au moins, avec racaille, on fait la distinction, non ?) qui caillasse un policier a oublié d’être idiot : il intègre parfaitement le fait qu’une partie de la société, de la classe politique et des médias, excusera son geste. Tiens, pour un peu, il se croirait à Naplouse…
Nicolas Sarkozy voulait une droite décomplexée. La gauche, à laquelle François Bayrou prête un prompt renfort, crée l’émeutier décomplexé. Epanoui, même."

La palme du commentaire revenant à Olivier Besancenot sur le plateau de France 2 : "Je propose la gratuité dans les transports collectifs, comme ça il n'y aura plus besoin de ce type de contrôle, en l'occurrence les plus musclés." CQFD ! Et pourquoi pas les baskets gratuites, ce qui aurait également évité la mise à sac de ce magasin de la galerie marchande de la gare du Nord ? Et pourquoi pas, soyons fous, le timbre gratuit ? Ah non, c'est vrai, on avait dit que l'on ne touchait pas au boulot !
A force de jouer à "il est interdit d'interdire", la gauche et le centre vont finir par réinventer mai 68 ! Qu'ils se méfient, le retour de bâton fût sévère…

Les Commentaires ( 3 )

  1. de Marc
    posté le 2 avr 2007

    Selon un sondage IFOP pour le Journal du Dimanche, 45 % des Français estiment que l'insécurité a progressé depuis cinq ans, et 43 % font plus confiance à Nicolas Sarkozy pour garantir la sécurité, contre 15 % pour Ségolène Royal.

      Répondre

  2. de Cousin Hub
    posté le 2 avr 2007

    Je ne résiste pas à vous livrer cet article de Valeurs Actuelles…

    Fausse rafle et vraie provocation dans le XIXè arrondissement

    Sans faire de mauvais jeu de mot, on peut dire que l'affaire de la maternelle de la rue Rampal constitue un véritable « cas d'école » de manipulation de l'information. Depuis quelques jours, toute la gauche se répand en cris d'indignation et en motions de protestation, accusant le ministre de l'Intérieur d'organiser des « rafles » de
    sans-papiers aux abords des écoles où ils viennent chercher leurs enfants. Motif supplémentaire de leur colère : la garde à vue et l'interrogatoire d'une directrice d'école maternelle, Valérie
    Boukobza, « qui n'avait fait que son devoir en protégeant les enfants  »
    (sous-entendu des brutalités policières). On le sait aujourd'hui, la
    réalité des faits n'avait rien à voir avec cette version pour
    bibliothèque rose. Le lundi 19 mars, sur réquisition du Parquet de Paris (donc du ministère de la Justice et non pas de celui de l'Intérieur), les policiers mènent une vaste opération dans une partie du XIXè arrondissement pour rechercher des personnes séjournant de
    façon irrégulière sur le territoire. En fin d'après-midi, ils contrôlent une jeune femme asiatique sortant d'un immeuble situé en face du groupe scolaire Lassalle-Rampal : elle n'a pas de papiers et ne parle pas un mot de français. La directrice de l'école maternelle de la rue Rampal, Valérie Boukobza, intervient et prétend d'abord que cette femme est la mère d'un de ses élèves, avant d'adopter ensuite
    une position nettement moins affirmative, déclarant seulement qu'il
    lui semble la reconnaître. Faute d'interprète disponible, la jeune
    asiatique est relâchée par les policiers, qui ont donc ainsi fait
    connaissance avec Mme Boukobza. Celle-ci, adhérente du très gauchiste
    Réseau Education Sans Frontières, qui milite pour la régularisation
    des clandestins ayant des enfants scolarisés, informe immédiatement
    les militants de RESF que des opérations de contrôle ont lieu dans le secteur. Le lendemain, toujours sur réquisition du procureur de la République, nouvelle opération dans l'arrondissement. Cette fois, il ne s'agit plus de rechercher des sans-papiers, mais de contrôler
    quatre débits de boisson mal famés « aux fins de recherche de ports d'armes prohibés », suite à plusieurs incidents graves ayant eu lieu ces derniers mois. L'un de ces bars, le Petit Rampal, situé lui aussi près de l'école maternelle de Mme Boukobza, a d'ailleurs fait l'objet d'une fermeture administrative provisoire en janvier. Les policiers y contrôlent plusieurs personnes, ne trouvent pas d'armes, mais
    interpellent un Chinois en situation irrégulière. Ce dernier est bien
    le grand-père d'un enfant scolarisé à la maternelle, mais il n'est pas
    du tout en train d'attendre son petit-fils : il joue aux cartes avec
    des compatriotes. Lorsque les policiers sortent du Petit Rampal vers
    17h45, emmenant le clandestin chinois menotté, ils se trouvent
    face-à-face avec une quarantaine de militants gauchistes venus de
    l'école d'en face, probablement alertés par la vue des véhicules de
    police. Certains n'ont pas craint d'emmener leurs enfants avec eux
    pour mieux gêner l'action des forces de l'ordre ! Ils bousculent les
    agents, se couchent sur la chaussée pour empêcher les voitures de
    démarrer. Valérie Boukobza est parmi eux, est vue en train de taper
    sur une voiture, d'essayer avec d'autres militants de la renverser,
    tout en traitant les policiers de « connards de flics ». Ceux-ci
    demandent alors des renforts, et finissent par se dégager en utilisant
    une bombe lacrymogène, mais sans jamais viser ni atteindre des
    enfants. L'un d'eux, brûlé au visage par un liquide détergent, devra
    subir onze jours d'interruption de travail. Mme Boukobza sera placée
    en garde à vue et entendue par la police pendant plusieurs heures,
    avant d'être remise en liberté et de se vanter, dans un communiqué affiché sur la porte de son école, d'avoir accompli son « devoir de résistance ». A signaler que c'est Bertrand Delanoë, en utilisant pour cela les impôts des Parisiens, qui a mis un avocat à sa disposition.
    Telle est donc la véritable histoire de la maternelle de la rue Rampal.
    Celle qui a permis à Mme Royal de dénoncer la « traque des enfants dans
    les écoles menée par Nicolas Sarkozy ». Et de saluer « le courage des
    parents et des enseignants » qui se sont opposés par la force à l'action légitime de la police et de la justice. Si c'est là sa conception de « l'ordre juste », on nous permettra de ne pas souhaiter
    qu'elle ait l'occasion de la mettre en application…

    Gérard Gachet
    in Valeurs Actuelles
    26-03-07

      Répondre

  3. de seb
    posté le 3 avr 2007

    A bas l'Etat, les flics et les patrons !

    C'est par ce slogan qu'une poignée d'individus se sont illustrés au tribunal alors qu'il venaient soutenir le resquilleur dont l'interpellation a été le point de départ des émeutes de la Gare du Nord…

    Sans doute en mal de publicité, les anarchistes aussi tentent donc une récupération politique de l'évênement. Mais ce qu'il faut retenir de l'écho de ce fait divers, c'est que la sécurité est bien un sujet qui intéresse les Français, et qu'il ne faut pas négliger dans le cadre de la campagne présidentielle.

    Sébastien
    (Blog REPUBLIQUE ET SECURITE)

      Répondre

Poster un commentaire