L’exécutif contre les Mairies d’arrondissement

Je prends la parole ce soir avec une certaine solennité car je dois porter à la connaissance du Conseil Municipal des faits qui relèvent d'une extrême gravité, qui engagent les fondements même de notre institution.
Je vous remercie donc, Monsieur le Maire, de bien vouloir me laisser aller au bout de mon propos.

J'ai entre les mains un exemplaire du Progrès de Lyon du 7 octobre qui titre en pages intérieures "On se méfie de la mairie du 6ème arrondissement."
Après lecture de l'article, il s'avère que ces propos ont été tenus lors d'une interview par l'un de vos adjoints, Monsieur Louis Pélaez.
Vous allez sûrement me répondre par une pirouette qu'il ne s'agit que d'un propos léger, qui ne prête pas à conséquence…

Non, Monsieur le Maire. Ce propos n'est pas si léger que cela. Monsieur Pélaez ajoute dans son interview que la mairie centrale a, je cite, "un regard particulier sur la mairie milloniste." Il précise même lors de son entretien, "ils sont sous surveillance !"

C'est la première fois depuis 1982, et la création des arrondissements à Paris, Lyon et Marseille, que de tels propos de défiance sont tenus de manière publique par un membre d'un exécutif municipal à l'encontre d'une mairie d'arrondissement.
Ils mettent à bas, Monsieur le Maire, l'un des fondamentaux de cette loi qui est de permettre aux habitants de choisir l'équipe qui aura à gérer les affaires de son arrondissement. Ils remettent en cause, implicitement, les résultats du suffrage universel.

Ces propos sont donc extrêmement graves. Propos isolés allez-vous me dire…
Malheureusement, ce n'est pas le cas…

Une autre de vos adjointes, Madame Evelyne Haguenauer, le lundi 4 octobre de cette année, a demandé devant témoins à notre adjointe aux personnes âgées et à la solidarité, Madame Denise Robin, de transmettre au maire du 6ème arrondissement, Madame Nicole Chevassus, un ordre pour le moins ubuesque. Interdiction était faite au maire du 6ème de se rendre dans les maisons de retraite et les résidences de personnes âgées de son arrondissement sans être accompagnée par Madame Haguenauer.
Je n'ose imaginer, Monsieur le Maire, votre réaction si, lorsque vous étiez maire d'arrondissement, un tel ordre était arrivé sur votre bureau !

Et je pourrais poursuivre les exemples, comme cette réunion du monde associatif du 3ème arrondissement organisée pour préparer le 8 décembre-Fête des Lumières sans que, ni le maire d'arrondissement, ni l'adjoint d'arrondissement en charge de l'animation n'aient été invités.

Voyez-vous, au travers de ces trois exemples, c'est un pan entier de notre légitimité qui est remise en question. En effet, quelle que soit notre tendance politique, de droite comme de gauche, nous sommes tous, ici, d'abord, des élus d'arrondissement.
Notre légitimité, nous la tenons de ce lien direct avec les électeurs, avec les Lyonnais. Et une mairie d'arrondissement est, par excellence, l'échelon de la proximité, au contact régulier avec les habitants. Mais apparemment, ceci a échappé à vos deux adjoints…

Je ne puis croire qu'aujourd'hui, vous, Monsieur le Maire, ayez basculé dans le camp de ceux qui, en 1981, prononçaient au Congrès du PS de Valence cette phrase terrible "vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaires."

Votre opposition serait donc heureuse, Monsieur le Maire, d'entendre votre réaction aux propos de vos adjoints…

Les Commentaires ( 2 )

  1. de jean vallin
    posté le 15 déc 2006

    L'auteur de cette belle phrase très respectueuse de la démocratie est Paul Quilès ex futur ministre de je ne sais plus quoi

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  2. de FV
    posté le 25 juin 2007

    C'est pas André Laignel ?

      Répondre

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